VIVRE ET MOURIR SUR LES INTERNETS

Par BILLY BLUES

Trouver un CD-Rom dans une boîte de céréales, attendre que sa mère lâche la ligne, bâtir des enclos sur Zoo Tycoon, wizzer son ami sur MSN, faire mourir un Sims dans la piscine, écouter la même toune de Panic! at the disco sur repeat, fantasmer sur les personnages de Bleach, manger du chef Boyardi direct dans’ canne, se masturber par ennui, trop se masturber, tomber sur de la porn weird, venir, regretter, s’instruire sur Wikipédia, downloader des films sur LimeWire, apprendre l’anglais grâce aux sous-titres, nourrir ses neopets, regarder des reprises d’American Next Top Model, se trouver grosse, s’haïr, tripper sur Orange Mécanique, trouver raisonnable une théorie sur le 11 septembre, recevoir le courriel d’un prince africain, rire de la tektonik, repartager une autre vidéo virale, supprimer son Skyrock, découvrir un artiste sur SoundCloud, oublier son nom, procrastiner ses devoirs sur 9GAG, poker son fuckfriend, se comparer aux autres, se sentir misérable, prendre des selfies en rafale, se trouver désirable, changer sa photo de profil, se faire unfriend, considérer lâcher Facebook, texter des jokes de cul, lire des posts féministes, agencer des tableaux Pinterest, rédiger des commentaires passifs-agressifs, se faire unfriend, s’inscrire à Twitter, ne jamais y retourner, archiver sa vie, utiliser trop d’emojis, choisir « peut-être » sur l’event d’une manif, scroller Instagram pendant des heures, tagguer son crush sur des memes, écrire ses sympathies sur le mur d’une connaissance décédée, squizzer ses boules pour un Snap, faire des fautes dans ses statuts, faire de l’insomnie, binge-watcher des séries sur Netflix, stalker son ex, renier la francisation des termes numériques, maudire l’obsolescence programmée, réagir à une vidéo sur le racisme, lyncher des célébrités, être infiniment nostalgique, être obsédée par l’actualité, fumer trop de pot, se faire shipper des bath bombs sur Amazon, développer une dépression, googler ses symptômes, faire une croix sur la barrière de corail, se pogner une date Tinder, ne plus jamais lui reparler, apprendre une tragédie avant son café, être contente pour le bébé de sa cousine, suivre une page nihiliste, rire jaune, rêver au communisme, assister à une catastrophe en direct, abuser de vidéos clips, recevoir une dickpic, être désabusée du système politique, se faire submerger par la pub, ne plus trouver la force de se plaindre, se promettre de ne plus lire les commentaires, les lire quand même, poster une quote inspirante sur l’anxiété, avoir au moins cinquante likes, être satisfaite, s’endormir en glissant son cellulaire sous l’oreiller.

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RETOUR SUR LE OFF-POÉSIE

Par HÉLÈNE BUGHIN

Durant la fin de semaine du 5 au 8 octobre se déroulait la onzième édition du OFF-Festival de poésie de Trois-Rivières, occasion rêvée d’aller entendre – et/ou réciter – de la poésie, face au fleuve et entre amis. Dans le À propos de leur site, l’organisme se décrit comme une « réponse au Festival international de poésie de Trois-Rivières », une tribune pour la poésie émergente, les maisons d’éditions indépendantes, un podium pour l’ombre qui souhaite s’exprimer et un lieu de partage de créations éclectiques. En bref, « un événement le fun qui fête la poésie pas plate! ». Et c’est effectivement ce que nous avons pu vivre, durant cette fin de semaine d’automne électrisante, au bord du St-Laurent.

La programmation alléchante proposait une multitude d’activités, durant lesquelles il était certain qu’un paquet de voix tout aussi multiples allaient s’élever et faire vibrer les salles. Le coup d’envoi s’est fait le jeudi, lors du premier événement, Péril en la demeure, soirée festive durant laquelle s’est dressé le bilan poétique du « patrimoine vivant » du centre du Québec, la poésie locale se rassemblant pour une mise au point, pour se réchauffer et faire refresh sur l’état de sa situation, au Mot Dit bar. S’en est suivit, vendredi, d’une exposition au café Frida, Aiming for the Gut de Mivil Deschênes et Jean-Sébastien Larouche, combinant dessins et poésie, une investigation de notre ère et de la vérité douloureuse, propulsée par l’urgence de dire, une autre mise au point, mais cette fois sur l’époque dans laquelle nous évoluons. Dans la même soirée, un double lancement, celui de Calamine, de Mélanie Jannard, et Priscilla en hologramme d’Érika Soucy, deux femmes du comité organisateur du OFF-festival. Une soirée prometteuse avec un line-up de poètes et auteurs incroyables qui offraient au public des lectures de textes inédits.

Samedi, on a eu droit à une projection de Marc-Antoine K. Phaneuf, une recherche sur l’identité québécoise ainsi qu’à la prestation fulgurante de Mathieu Arsenault lors de La vie littéraire, qui a fait salle comble, la chaleur étouffante comme preuve concrète d’un engouement général. Lors de cette performance dénudée d’attirail et de décors nous a été lancé au visage un texte puissant, résolument vivant, et pour ceux familiers avec sa lecture, l’entendre crié par son auteur même est venu brasser de quoi au fond des tripes, nous rappeler la force, la puissance et le sacrifice qui subsistent dans l’écriture.

Puis est venu dimanche et son micro-ouvert, durant lequel ont défilé des néophytes de la scène ou des habitués, suivi de la très attendue Soirée de poésie et autres paroles publiables, où se mettaient en scène des paroles venues de tous horizons, de partout au Québec : une déferlante liste de voix prometteuses dont les textes s’articulaient de près – ou de loin – du genre poétique.

 

On a eu droit, en somme, à un festival foncièrement essentiel où ont résonné des voix puissantes et diversifiées, pour nous rappeler que la poésie est toujours ardente, vibrante et résistante. Allant d’une programmation prometteuse à une exécution brillamment réussie, le OFF-poésie m’a redonné confiance en la vitalité du genre et m’a confirmé sa grandiose émergence. De quoi donner envie à une douzième édition tout aussi punk !

Pour se procurer La vie littéraire, c’est ici.

L’AMITIÉ TOUTE-PUISSANTE

Critique et commentaire sur « Janvier tous les jours » de Valérie Forgues

PAR CYNTHIA BOUTILLIER

Il est des lectures qui nous marquent, qui nous prennent au ventre, qui s’impriment en nous comme sur du papier carbone. C’est l’effet que nous laisse Janvier tous les jours de Valérie Forgues, un roman qui ébranle et apaise à la fois, qui nous confronte à la mort, à l’amour qui fait mal ou qui fait du bien, à l’écriture aussi, celle qui libère, qui blesse, qui rassérène ou nous fait violence. On y retrouve d’ailleurs la même sensibilité et ce sentiment particulier de vertige que revêtent d’autres oeuvres de l’auteure québécoise, tels ses recueils de poésie L’autre saison (2007) et Une robe pour la chasse (2015).

Janvier tous les jours repose sur l’histoire d’une amitié indéfectible, finement tissée, celle de Janvier et Anaïs, narratrice et personnage principal du roman. Depuis l’enfance, ils se sont tour à tour improvisés jumeaux, mari et femme, pour devenir amoureux, et demeurer, à la vie, à la mort, âmes sœurs. Le livre est construit de très courts chapitres, oscillant entre une et quatre pages, s’accordant au rythme effréné des images qui se bousculent dans la tête d’Anaïs. L’ensemble se divise en trois parties qui tracent le parcours de la protagoniste : « L’arrachement », « La traversée » et « La sublimation ». La trame narrative propose au lecteur plusieurs sauts dans le temps correspondant aux souvenirs de la narratrice, à sa fuite et au présent, tous habités par Janvier, son ami, son amour.

Au début du roman, Anaïs, dans la trentaine, raconte la vie et la perte de Janvier, à qui un cœur « malformé » (p. 12) le destinait à une trop courte existence. Consciente de son état depuis leur enfance, elle a esquissé, au fil des ans, le visage de la mort qui porte les traits doux de son ami, avec sa « valvule légèrement trop basse, un ventricule trop petit, une oreillette géante, des signaux électriques chaotiques » (p. 12). Janvier avait toujours vécu au Château avec sa tante Noëlla, près de la rivière Saint-Charles, dans la Basse-Ville de Québec. Anaïs s’y réfugie, dans la réalité comme dans ses souvenirs, intercalés dans le récit. Elle replonge dans la rivière, revisite ses abords, retrace le chemin des courses parcouru avec Janvier et Noëlla. Tout se révèle nécessaire pour continuer de faire battre le coeur de celui qui lui manque.

Il n’a pas été facile pour Anaïs de trouver du sens dans la mort inévitable de cet être qui lui était si cher. C’est ce qu’elle avait tenté de faire, malgré que tout semblait lui échapper, qu’elle savait que son ami ne pourrait plus vivre que dans les histoires qu’elle inventerait pour lui :

« Quand on sait qu’une personne qu’on aime va mourir, on s’y prépare comme on peut. On lui parle, on lui confie nos secrets et tout ce qu’on n’a jamais osé dire, on recueille ses mots comme des pierres précieuses. On s’occupe d’elle, on déclare son amour mille fois et on se dit que nous, le survivant, on va vivre à cent à l’heure, parce que la vie est courte, parce que c’est beau et qu’il faut en profiter. J’essaie de faire tout ça, de donner un sens à l’arrachement. » (p. 36)

Mais comment s’arracher à tout ça? Anaïs vit autrement la perte coup-de-poing de son complice. Si Janvier n’est plus, elle doit partir aussi : « Je veux disparaître; comme lui, me mêler au vent, à la terre, aux racines des arbres, aux fleurs. » (p. 45) Son ami disparu lui est comme un membre amputé; sa présence demeure, forte, et remplit ses journées de son éternelle absence (p. 61). Cet effet est extrêmement bien rendu par la narration, qui comble le vide laissé par la mort de Janvier de différentes façons. S’entremêlent harmonieusement des retours dans le temps, la manifestation d’un désir de fusion avec la nature et cette impression de vivre et de mourir par procuration.

Pour chasser sa mélancolie, Anaïs prend la fuite. Elle loue en vitesse une chambre dans une maison de campagne à une heure de Paris, chez Lili et Kwan, qui accueillent deux autres locataires. Son évasion traduit sa volonté de trouver un sens au vide qui l’enserre, à cette impression constante de noyade et d’absence habilement illustrée par la poésie du texte. C’est à travers ses nouvelles rencontres, le regard d’un homme, la nature et la littérature qu’elle entreprend d’y parvenir, qu’elle orchestre son propre sauvetage. Elle convoque d’ailleurs maintes fois des auteurs qu’elle affectionne (Jacques Poulin, Robert Lalonde, Amélie Nothomb, Boris Vian, Gabrielle Roy, L. M. Montgomery), dont les mots l’éclairent sur l’amour, la mort, la beauté.

Anaïs écrit, elle aussi. Elle écrit depuis qu’elle est toute petite, depuis au moins aussi longtemps qu’elle connaît Janvier. Ses mots sont pour lui, sur lui. Cependant, à tout fuir, la jeune femme en vient à se recueillir dans sa solitude, à dresser une barrière qui lui devient de plus en plus difficile à surmonter. À défaut de la libérer complètement, l’écriture ravive le feu qui rugit dans le creux de son ventre. Anaïs croit tantôt s’enraciner, tantôt se mettre à l’abri, se replier sur elle-même. Tiraillée et endeuillée, la protagoniste finira toutefois par trouver en elle la force de recouvrer un certain équilibre pour se reconstruire. Les mots et les souvenirs, points d’ancrage de cette histoire, l’aideront à transporter la voix de Janvier, à refaire vibrer son coeur. Son ami reprend alors vie dans une odeur, une chanson, les murs du Château, dans les pages de son roman.

Janvier tous les jours raconte. Il raconte l’amour, l’amitié toute-puissante. Il raconte le déchirement et le deuil, la beauté et la vie, avec tout le coeur de ses personnages, donnant pour résultat un parcours émotionnel très bien dosé. Valérie Forgues nous livre un roman qui aborde des thèmes qui nous touchent tous, et les dissèque en profondeur. L’absence, thématique capitale dans cet ouvrage, se voit pleine de ce qui permettra à la protagoniste de se sauver elle-même. Même si la souffrance d’Anaïs reste, qu’elle ne se terrera jamais, celle-ci comprend qu’elle doit vivre avec elle, l’apprivoiser, la transformer et l’accepter. Amitié et mort s’opposent et dissonent, pour finalement se réunir sous les formes de la mémoire et de l’écriture et permettre à Anaïs d’émerger de la rivière dans laquelle elle coulait. On y confirme ainsi à quel point l’acte créateur peut se révéler au service de la cicatrisation, jusqu’à se sublimer pour y arriver. Ce roman apparaît comme un authentique témoignage de l’amitié qui perdure, triomphe et grandit au-delà de la mort.

Je suis certaine que ces pages, empreintes à la fois d’une douceur et d’une violence désarmantes, dans lesquelles chaque phrase devient poésie, sauront vous charmer autant qu’elles m’ont conquise.

 

Pour vous procurer le livre, c’est par ici.

CULTURE DU MÈME, ESTHÉTIQUE TUMBLR

! NOUVEL APPEL DE TEXTE !

Culture du mème, esthétique Tumblr

Le mème est partout : il est politique, satirique, divertissant, rassembleur. Cette forme relativement nouvelle est constamment en mouvement et s’immisce partout, des réseaux sociaux jusqu’à nos conversations. Il influence notre manière de voir, d’interagir avec le monde jusqu’à notre expression même de ses changements. Reprise d’une reprise, toujours exponentiel, il véhicule une multitude de messages et sa potentialité de transformer le préexistant reconfigure les discours, jusqu’à sa mort, souvent prononcée par la communauté qui l’a fait naître.

Nous parlons en mèmes, nous échangeons en mèmes, mais où le mème et son pouvoir mimétique trouve-t-il sa place en littérature?

Quant à Tumblr, on peut parler, dans un sens, d’une plateforme sans limite ; un endroit où convergent photos et textes, billets, citations, etc. Quel en est l’impact dans notre culture ?

Faites nous le savoir !

Date limite : 15 décembre

Forme et genre : libre (narration, poésie, essai)

Illustrations, montage ou tout autre forme d’expression visuelle acceptées

Envoyez le tout à lis.moi.ca.blog@gmail.com

EN ATTENDANT SA CHUTE

Par HÉLÈNE BUGHIN

La scène d’En attendant sa chute est au septième étage d’un bloc appartement en plein Vieux-Montréal, avec une vue imprenable sur la piste cyclable qui mène au Canal Lachine. Faisant fi des risques d’averse, l’équipe a heureusement pris la chance d’installer le micro dehors, dos à l’horizon, sous des banderoles festives. Ainsi est transformé le jardin communautaire du toit sur lequel nous sommes regroupés en petite salle de spectacle à air ouverte.

 

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Jean-François Vaillancourt

 

Organisé par deux résidentes de la Coopérative Cercle carré, le spectacle de poésie promet son sur événement Facebook (affiché complet quelques jours avant) des voix fortes et émergentes, pour « faire résonner des voix et des résistances en plein cœur de cet espace hostile et hégémonique ».

 

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Clémence Dumas-Côté lisant un extrait de « L’alphabet du don »

 

Les spectateurs, dispersés en petits groupes, discutent sur fond de paysage métropolitain : entre les bâtiments industriels, l’enseigne de la Farine Five Roses clignote, apposée sur un ciel de grands nuages bleutés. L’humidité colle aux cheveux, le soir tombe lentement et on perçoit, lointains, quelques éclairs timides. Certains poètes attendent texte à la main, une bière dans l’autre.

 

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Jean-Christophe Réhel

 

« On se pitche all in, des textes lancés aux condos d’en face, la poésie qui prend le dessus pour une fois. On s’accroche à rien, on n’y pense pas trop, on veut dire : on plonge dans le vide car c’est comme ça qu’on veut la vivre la poésie, le temps d’une soirée », annonce la description de l’événement. Et comme pour y faire honneur, dès les premières prises de parole, un écho naît et rappelle les immenses structures et gratte-ciels aux alentours. Silencieux, les auditeurs sont hypnotisés par les lectures qui s’enchaînent – comme si la hauteur conférait une férocité à la déclamation, comme si l’immensité de l’horizon rendait plus grande encore la portée de la voix. Un des invités, pendant sa lecture, crie à plein poumon au micro, dans un élan exutoire qui résonne dans la ville.

 

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Marie Darsigny

 

 

Au final, et malgré une pluie soudaine qui a contraint la retraite en des lieux secs, la soirée se déroule à merveille – les textes sont riches, surprenants, vifs, consistants.

 

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Emmanuelle Riendeau

 

Et alors que nous quittons à la queue-leu-leu le toit, que la nuit s’installe définitivement sur Montréal et que s’illuminent les rues et les fenêtres, j’entends deux filles discuter :

« C’tait tellement beau que même quelqu’un qui aime pas la poésie aurait aimé ça ».

PENDANT QUE LES CHIENNES PLEURENT

Par MARIE-HÉLÈNE RACINE

 

les lunes de cendres
s’abstraient à mes doigts
qui se fondent
paresseusement
pendant un quart de siècle

 

battements d’horloges
sur plateformes dansantes

 

j’ai le mal de rire
mon dos bien droit
effet pantin qui s’attriste
de plus savoir compter

 

 

 

au fond de mes paupières cellophane
il y a un lourd sirop
que mes cils tranchent rageusement
sans l’ombre vermeille d’un respir

 

un champ de genoux en colimaçon
de fougères attrapes-cœur
de pissenlits à l’envers
où tous et toutes s’abreuvent
à même la fontaine du malheur

 

j’ai supplié ma faim
sans y accrocher mon sommeil
m’effilochant une à une
ces dents de petite femme
assise dans l’immense royaume
où aucun oiseau n’existe

 

 

 

 

point de fuite

par ÉLODIE DUGAT

sur le quai de la gare un adieu rappelle ces romances imaginaires un écran qui leurre la facette de ton apogée sentimentale déjà trop loin dans le vague à ne plus reconnaître le reste tu t’ébauches difficilement je suis folle et tous ces oiseaux autour de ma tête me volent mes yeux folle dans l’ombre du vent ils emportent ma peau dans le gouffre folle au revoir à la prochaine chicane ce sont mes derniers aveux libres avant de sombrer au sommeil désir corps la dope de mon sort toujours plus grand plus petit Montréal m’attend mais où dans lui dans elle dans le gars d’à côté je me perds en mascarades le sommeil me prendra tôt j’arriverai à mes fins demain le soleil ne se couche plus mes yeux charognes vomiront la lumière mon crépuscule menace ton image de moi charogne qui tremble attachée à ton chemin de fer j’aurai le sommeil profond lorsque plus personne ne m’aimera