RETOUR SUR LE OFF-POÉSIE

Par HÉLÈNE BUGHIN

Durant la fin de semaine du 5 au 8 octobre se déroulait la onzième édition du OFF-Festival de poésie de Trois-Rivières, occasion rêvée d’aller entendre – et/ou réciter – de la poésie, face au fleuve et entre amis. Dans le À propos de leur site, l’organisme se décrit comme une « réponse au Festival international de poésie de Trois-Rivières », une tribune pour la poésie émergente, les maisons d’éditions indépendantes, un podium pour l’ombre qui souhaite s’exprimer et un lieu de partage de créations éclectiques. En bref, « un événement le fun qui fête la poésie pas plate! ». Et c’est effectivement ce que nous avons pu vivre, durant cette fin de semaine d’automne électrisante, au bord du St-Laurent.

La programmation alléchante proposait une multitude d’activités, durant lesquelles il était certain qu’un paquet de voix tout aussi multiples allaient s’élever et faire vibrer les salles. Le coup d’envoi s’est fait le jeudi, lors du premier événement, Péril en la demeure, soirée festive durant laquelle s’est dressé le bilan poétique du « patrimoine vivant » du centre du Québec, la poésie locale se rassemblant pour une mise au point, pour se réchauffer et faire refresh sur l’état de sa situation, au Mot Dit bar. S’en est suivit, vendredi, d’une exposition au café Frida, Aiming for the Gut de Mivil Deschênes et Jean-Sébastien Larouche, combinant dessins et poésie, une investigation de notre ère et de la vérité douloureuse, propulsée par l’urgence de dire, une autre mise au point, mais cette fois sur l’époque dans laquelle nous évoluons. Dans la même soirée, un double lancement, celui de Calamine, de Mélanie Jannard, et Priscilla en hologramme d’Érika Soucy, deux femmes du comité organisateur du OFF-festival. Une soirée prometteuse avec un line-up de poètes et auteurs incroyables qui offraient au public des lectures de textes inédits.

Samedi, on a eu droit à une projection de Marc-Antoine K. Phaneuf, une recherche sur l’identité québécoise ainsi qu’à la prestation fulgurante de Mathieu Arsenault lors de La vie littéraire, qui a fait salle comble, la chaleur étouffante comme preuve concrète d’un engouement général. Lors de cette performance dénudée d’attirail et de décors nous a été lancé au visage un texte puissant, résolument vivant, et pour ceux familiers avec sa lecture, l’entendre crié par son auteur même est venu brasser de quoi au fond des tripes, nous rappeler la force, la puissance et le sacrifice qui subsistent dans l’écriture.

Puis est venu dimanche et son micro-ouvert, durant lequel ont défilé des néophytes de la scène ou des habitués, suivi de la très attendue Soirée de poésie et autres paroles publiables, où se mettaient en scène des paroles venues de tous horizons, de partout au Québec : une déferlante liste de voix prometteuses dont les textes s’articulaient de près – ou de loin – du genre poétique.

 

On a eu droit, en somme, à un festival foncièrement essentiel où ont résonné des voix puissantes et diversifiées, pour nous rappeler que la poésie est toujours ardente, vibrante et résistante. Allant d’une programmation prometteuse à une exécution brillamment réussie, le OFF-poésie m’a redonné confiance en la vitalité du genre et m’a confirmé sa grandiose émergence. De quoi donner envie à une douzième édition tout aussi punk !

Pour se procurer La vie littéraire, c’est ici.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s