DES ZINES EN LIBRAIRIE

Par HÉLÈNE BUGHIN

Dernièrement, la libraire l’Échange annonçait qu’elle mettait à disposition du public un éventail de zines et autres productions visuelles bien d’ici. En rappel, un zine est un magazine fait main, par un artiste indépendant, hors institution et donc souvent autopublié (quelques exemples ici). L’événement a bien sûr capté notre attention, car rares (mais pas inexistants!) sont les établissements proposant ce genre d’art émergent. Pour l’occasion, j’ai voulu en savoir plus sur cet endroit et leur nouvelle aventure. Portrait rapide d’une librairie de seconde main qui ose sortir des sentiers battus.

Quelques questions de présentation avant d’entrer dans le vif du sujet. Votre librairie a pignon sur Mont-Royal depuis un moment déjà. Quelle est l’histoire de cette institution emblématique, sa mission intrinsèque, et comment se conçoit-elle aujourd’hui ?

L’Échange existe depuis 1976 et a pignon sur l’avenue du Mont-Royal depuis 1985. La mission de l’établissement est la même depuis le début : offrir un accès abordable à la culture pour y faire circuler les idées.

La perspective d’offrir aux gens l’opportunité de donner une deuxième ou même une troisième vie aux livres qu’ils ont lus est primordiale. Nous sommes très fiers du lien de confiance que nous avons établi avec nos clients, qui sont devenus nos fournisseurs. Tout ce que nous vendons a été acheté à des particuliers. C’est un genre de recyclage appliqué à la culture.

Quel genre de clientèle fréquente L’Échange et quel genre de produits peut-elle y retrouver ?

Comme la culture n’a pas d’âge ni de genre, nous avons une clientèle très diversifiée. Fidèle ou de passage, jeune ou vieillissante, québécoise ou française, en voiture ou en vélo… Certains clients viennent à la librairie depuis les tous débuts quand elle était située sur la rue Saint-Denis, là où tout a commencé.

En boutique, nous offrons une vaste sélection de livres en tous genres, romans graphiques / bandes dessinées et disques vinyles / CD. Il y a du nouveau sur nos tablettes tous les jours.

Le 24 avril, vous avez annoncé que vous proposez en boutique des zines québécois, mais aussi cartes, affiches, etc. Pouvez-vous décrire quels sont les zines mis de l’avant et dans quel but ?

Nous avons décidé d’offrir une visibilité à quelques artistes et auteurs autoédités dont nous aimons le travail pour encourager les gens à acheter local et à découvrir ce qui se fait ici. Il y a énormément d’artistes et d’auteurs au Québec qui n’ont pas l’opportunité d’être diffusé, donc ça tombait sous le sens de leur faire une place dans notre établissement. Nous comptons introduire de nouveaux artistes assez fréquemment, et ainsi faire une rotation pour que tous puissent avoir la visibilité voulue.

Nous vendons présentement des cartes/affiches/zines d’Iris Boudreau, Samuel Jacques, Richard Suicide, Amélie Tourangeau, Cathon, Julie Delporte ainsi que du collectif Filles Missiles.

D’où vous est venue l’initiative ?

Le simple désir de faire la promotion d’auteurs et artistes dont nous admirons le travail et qui n’ont peut-être pas la reconnaissance qu’ils méritent. L’objectif de la plate-forme est aussi de travailler en relation directe avec ceux-ci pour qu’ils puissent percevoir le maximum des ventes.

Avez-vous déjà senti de l’engouement pour votre projet ?

La réponse est très positive jusqu’à présent et les gens semblent vraiment apprécier l’initiative!

Quelle place occupe la littérature québécoise dans votre institution ?

Nous essayons de promouvoir la littérature québécoise le mieux possible en librairie ainsi que sur nos réseaux sociaux. Nos libraires se font un plaisir de recommander des lectures d’ici et d’encourager les gens à lire ce qui se fait au Québec.

Comment concevez-vous la littérature québécoise aujourd’hui ?

Nous aimons le dynamisme de la scène littéraire en ce moment. L’émergence de plusieurs auteurs québécois à l’international et la littérature migrante contribue grandement à raffermir l’identité de notre littérature. L’arrivée dans le paysage littéraire de plusieurs maisons d’édition offrant des œuvres audacieuses comme La Peuplade, La Mèche, les éditions de Ta Mère… contribue grandement à la vitalité de la scène.

Avez-vous en gestation des projets pour le futur ?

Dans l’objectif de promouvoir la scène musicale locale, nous planifions bientôt organiser des enregistrements audiovisuels acoustiques directement à l’intérieur de la librairie afin de pouvoir diffuser ceux-ci sur plusieurs plates-formes. C’est à suivre…

***

Au final, il est possible de dire que si, globalement, une librairie est un incubateur à culture, l’Échange a su démontrer qu’elle peut agir comme intermédiaire direct entre le créateur et le lecteur, et ainsi s’affirmer comme lieu de réunion important entre les différents acteurs du milieu. On salue et souligne cette initiative, en espérant voir toujours plus d’idées émerger et faire rayonner la culture québécoise au sein du Québec.

On remercie longuement la librairie l’Échange pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. Vous pouvez les retrouver sur Facebook, juste ici.

Photo de couverture : crédit @librairielechange .

 

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