UNE INITIATION AUX ORIGINES PAR WILLIAM S. MESSIER

Par SIMON HARVEY

La surconscience linguistique au Québec est toujours présente dans les textes littéraires de la génération surnommée les trentenaires. La manifestation de cette caractéristique historique de la littérature québécoise se constate par l’utilisation d’expressions dites québécoises et de régionalismes, dans la manipulation de la syntaxe, par la suppression de la ponctuation, par la suppression du « ne » dans la négation, par l’élision des voyelles et par bien d’autres opérations rappelant cette unicité du parler québécois[1]. Nous sommes ici en présence d’une rupture avec les bons standards de la langue française. D’autres marques de cette « oralité » lient ces textes au « néo-terroir », voir au « post-terroir », mais nous nous éloignons pas mal de notre sujet principal : William S. Messier.

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Les trois titres sont publiés aux Éditions du Marchand de feuilles.

Le coach de vie littéraire plante le décor de Townships (2009), Épique (2010) et Dixie (2013) dans le grand Brome-Missisquoi. Peu importe l’espace dans lequel les récits se développent, la fraicheur de ces trois titres reposent sur une série de caractéristiques. Pour des raisons de temps, – quoique je pourrais facilement dégager mes idées sur plus de trois milles mots – je me permettrai d’en développer seulement trois.

La forme. Rapidité de l’action et succession de nouvelles sont ici la manifestation d’une métamorphose du genre romanesque. On retrouve dans l’écriture de Messier les formes de la série. Township se lit autant en format épisodique qu’en un roman entier. Roman par nouvelles serait peut-être un terme plus juste pour décrire la forme. Peu importe ce débat sémantique, il reste que la forme du texte plait au lecteur. Le genre romanesque est ici retravaillé par l’auteur et c’est ce que j’aime. Township est nommé « récits d’origine », Épique et Dixie sont classés en tant que roman, mais l’organisation textuelle se maintient dans ce qu’on peut nommer le roman par nouvelles.

La voix. Messier en a fait justement le sujet de ses études doctorales. Dans ces trois romans, l’oralité est plus qu’un simple effet de style. Ce rapport à l’oral est intimement lié – et c’est mon hypothèse – à la relation que nous entretenons avec nos bonnes vieilles histoires, nos contes et nos légendes. Les récits prennent une véracité grâce à cette retranscription de la langue du quotidien, comme ces histoires racontés par nos parents. La langue de Messier est porteuse d’une véracité, d’un profond encrage dans le réel québécois. Lire Dixie, c’est retrouver le confort et l’authenticité de vos souvenirs de famille.

Le récit. Épique est le titre parfait pour le deuxième roman de Messier. Il s’agit ici d’une simple action qui fait boule de neige. Quittez votre emploi, gardez avec vous un lecteur optique et vous tomberez sur les légendes du coin pour finalement sauver le monde… C’est cette promesse d’un quotidien fantastique que Messier vous fait lorsque vous ouvrez l’un de ses romans. L’authenticité du récit vous donnera envie de plonger dans cet univers à travers les trois romans.

Vous pouvez vous procurer les romans de William S. Messier en cliquant ici.

[1] L’auteur du texte sait qu’il devrait classer ses altérations comme des métaplasmes. Il vous invite d’ailleurs à en lire plus à ce sujet.

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