RENCONTRE AVEC DAVID GOUDREAULT : DÉCLOISONNER LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE

PAR ÉMILIE PINARD-FONTAINE

À la veille de la sortie de son nouveau recueil de poésie Testament de naissance aux Écrits des Forges, je monte la côte King enthousiaste, malgré la pluie, à l’idée de rejoindre David Goudreault à la bibliothèque Éva-Senécal. Il y donne une conférence ayant pour thème : l’écriture; guide de survie. Une heure de motivation et de conseils pour les auteurs et autres passionnés d’écriture présents dans la salle.

Entrevue avec un David généreux, survolté et un peu enrhumé. Il me parle du lancement de Testament de naissance. S’ensuit une avalanche d’informations sur ses multiples projets avant même que je ne puisse poser une seule question.

Il se fera un plaisir d’être invité d’honneur au Salon du livre de Montréal qui se tiendra ce mois-ci. Conférences de presse et poignées de main en perspective. Il est aussi finaliste au Prix Excellence du Conseil de la Culture de l’Estrie, organisme sans but lucratif voué au développement culturel de la région. Le lauréat sera dévoilé le lundi 14 novembre au bar le Boquébière, situé au centre-ville de Sherbrooke, dans le cadre de l’Apéro culturel de l’Estrie. En attendant, il est toujours possible d’aller voter pour son candidat favori sur le site web du Conseil de la Culture.

Nouvellement chroniqueur au réseau Capital Média dont fait partie La Tribune, il nous offre chaque semaine une chronique à la fois personnelle et originale, en plus des éditos-slam livrés à la barre d’Ici Estrie, depuis près d’an, qui abordent les sujets chauds de l’actualité avec une touche humoristique.

Mais qu’adviendra-t-il de son p’tit criss? Personnage à trouble de personnalité à la fois menteur, homophobe, raciste et attachant, protagoniste de sa trilogie de roman tragi-comique. Pour ceux qui l’attendent avec impatience, la parution d’Abattre la bête, troisième et dernier tome, a été annoncée pour le 12 avril 2017.

J’ai parfois l’impression que tu es partout, David, tellement tu multiplies les projets. Grand sourire, éclat de lumière dans l’œil. Sa réponse est toute simple : « Au final, je ne fais qu’une chose, j’écris. » Et c’est ce qu’il a toujours voulu faire.

Qu’est-ce qui te pousse à essayer tous les genres, à écrire poésie, roman et chroniques tous en même temps? Il m’explique que pour lui, la diversification est importante. Tous les genres sont des vases communicants et s’alimentent mutuellement autant chez les auteurs que chez les lecteurs.

Sa poésie est plutôt personnelle, introspective. Il la laisse macérer selon ses propres termes. Après S’édenter la chienne, son dernier recueil en date, composé de poésie du quotidien sur fond de relation homme-femme, son recueil à paraître, lui, est directement inspiré de sa fille née en 2014.

Ses romans sont quant à eux plus fictifs, près d’une réalité qui n’est pas la sienne. Il a dû faire de la recherche pour son dernier roman, La bête et sa cage, notamment en rencontrant des agents carcéraux et des prisonniers, en plus d’aller chercher des anecdotes dans son passé de travailleur social. Il s’étend sur le sujet et relate des récits tragi-comiques qui se déroulent juste sous notre nez à la prison Talbot de Sherbrooke. Conteur dans l’âme, il me fait sourire malgré la tristesse de ce qu’il raconte.

As-tu l’impression de t’adresser, avec chacun de tes projets, à des lectorats très différents? Après un bref instant d’hésitation, sa réponse est ambivalente. C’est toutefois le sourire aux lèvres qu’il m’explique que les romans s’adressent à un plus large public, mais qu’il est heureux d’inciter le lecteur à aller vers la poésie par la suite, et ainsi créer une rencontre entre les différents lectorats, un point commun où se rejoindre et partager.

Selon toi, est-ce que cela t’aide d’être sur tous les fronts à la fois? Cela t’amène une plus grande visibilité, une plus grande popularité, est-ce que tu souhaitais? Encore une fois, réponse ambiguë. Il est fier de la grande visibilité que lui ont apporté ses romans : cela lui a permis d’amener le lectorat à diversifier ses plaisirs littéraires, ce qui est très important pour lui.

Cependant, ce n’est pas apprécié par l’ensemble de la sphère littéraire. Dans le milieu de la poésie contemporaine, le slam en tant que performance près de l’oralité n’est pas toujours bien accueilli. Mais il a une tête de cochon et il fait ce qui lui plait. C’est qu’il a un fond rebelle, ce David. Il n’écoute pas non plus lorsqu’on lui dit de se concentrer sur un seul genre, ou d’espacer ses publications. Il souhaite aider à décloisonner la littérature québécoise.

Assis côte à côte, on se regarde. Je crois que tout a été dit, du moins le plus important. On se high five, se souhaitant une bonne soirée. Et moi je vous invite à voler un peu de temps à votre horaire et à vous plonger (ou replonger) dans l’univers songé et humoristique de David Goudreault. Commencez donc par aller au prochain lancement afin de vous procurez votre exemplaire dédicacé de Testament de naissance.

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Lancements de Testament de naissance :

  • 10 novembre : 5 à 7 à la librairie L’histoire sans fin, Trois-Rivières ;
  • 12 novembre : 19 h au Salon Le Buvard, Gould ;
  • 13 novembre : 10 h à la Maison des Auteurs, Sherbrooke.

Testament de naissance est disponible en cliquant sur ce lien aux Écrits des Forges.

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